Aramco suspend ses projets d'expansion pour maximiser sa capacité de production de pétrole

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L'entreprise saoudienne Aramco, sous contrôle de l'État, a révélé ce mardi 30 janvier 2024 qu'elle suspendait son projet d'augmenter sa capacité de production de brut de 12 à 13 millions de barils par jour. Cette décision, prise à la demande du ministère saoudien de l'Énergie, intervient après des années et d'importants investissements consacrés à atteindre l'objectif de 2027.

Bien qu'elle soit cotée en bourse en 2019, Aramco n'a pas divulgué les raisons de la directive du ministère. La société a déclaré qu'elle fournirait des mises à jour sur ses prévisions de dépenses en capital en mars lors de l'annonce de ses résultats pour l'ensemble de l'année 2023.

À 7 heures, heure de Londres, les prix du pétrole brut Brent pour livraison en mars ont augmenté de 0,24 % par rapport à la clôture précédente, atteignant 82,60 $ le baril. Parallèlement, les contrats WTI pour livraison en mars ont enregistré une hausse de 0,35 %, atteignant 77,05 dollars le baril.

L'annonce de ce mardi intervient dans un contexte d'inquiétudes croissantes quant aux perspectives mondiales de la demande de pétrole. L'évolution mondiale vers la décarbonisation fait planer l'incertitude sur les investissements à long terme dans les projets liés aux combustibles fossiles.

Selon le rapport annuel de l'Agence internationale de l'énergie publié en décembre, la demande mondiale de pétrole devrait avoir augmenté de 2,3 millions de barils par jour en 2023, pour atteindre un total de 101,7 millions de barils par jour.

Toutefois, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a souligné que cette projection de croissance "masque l'impact d'un nouvel affaiblissement du climat macroéconomique".

L'AIE a revu à la baisse la croissance de la demande mondiale pour le quatrième trimestre 2023 de près de 400 000 barils par jour, plus de la moitié de cette baisse étant attribuée à l'Europe.

Cette décélération devrait se poursuivre jusqu'en 2024, les gains mondiaux étant réduits de moitié, à 1,1 million de barils par jour, en raison d'une croissance du PIB inférieure à la tendance dans les principales économies.

Au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés, connue sous le nom d'OPEP+, l'Arabie saoudite a pris une position de premier plan en faveur d'une stratégie de transition énergétique double. Cette stratégie implique la poursuite de l'utilisation du pétrole et du gaz jusqu'à ce que les ressources renouvelables puissent répondre de manière adéquate à la demande mondiale, dans le but de prévenir les pénuries mondiales.

Les critiques soutiennent que cette approche peut être considérée comme intéressée par les producteurs de combustibles fossiles, d'autant plus que les sanctions occidentales, suite à l'invasion de l'Ukraine par Moscou, ont perturbé l'accès au brut maritime russe et aux produits pétroliers, ce qui a permis à ces producteurs de réaliser des bénéfices substantiels.

En tant que leader de facto de l'OPEP, Riyad façonne constamment la politique du groupe, en tirant parti de sa capacité de production excédentaire pour influencer les prix. Cette influence s'est notamment manifestée lors d'un différend entre l'Arabie saoudite et la Russie, deux poids lourds de l'OPEP+, au printemps 2020, déclenchant une brève guerre des prix alors que les deux pays augmentaient leur production. Les deux pays se sont ensuite réconciliés pour faire face aux défis posés par la pandémie de Covid-19.

La décision de Riyad d'arrêter toute nouvelle augmentation de capacité, limitant ainsi sa capacité à gagner de nouvelles parts de marché, intervient à un moment où les États-Unis atteignent un niveau record de production de brut, malgré les politiques du président Joe Biden axées sur le climat.

L'Arabie saoudite se trouve à un moment charnière, Riyad souhaitant diversifier son économie en s'affranchissant de la forte dépendance aux revenus du pétrole et du gaz grâce au programme Vision 2030 dirigé par le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. Cette initiative se concentre sur 14 giga-projets, dont le complexe industriel de Neom.

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